Homélie de Mgr Hlib Lonchyna sur la fête de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu

Quand un bébé est né, tout le monde se réjouit. On félicite les heureux parents et on leurs souhaite une bonne chance en éducant sa progéniture.

Même si ses sentiments sont naturels, ce ne sont pas les sentiments que l’Église nous propose en ce jour de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu.

C’est une joie différente.

Nous nous félicitons parce que c’est le début de notre salut.

De ce moment-là, l’âge ténébreux de désespoir, de condamnation sont au passé et une ère nouvelle commence.

Comment ça se réalise ?

1. Dieu crée une nouvelle Ève.

Dans le paradis, Adam et Ève ont essayé de maintenir la divinité en pensant : « Nous décidons nous-mêmes qu’est-ce qui est bon et ce qui est mal ; nous devenons des dieux, nous nous faisons des dieux ! »

Mais en faisant cela ils ont tiré le monde entier dans le chaos, l’humanité s’est désintégré en fractions, l’homme a crée le désordre en lui-même.

Cependant Dieu n’a pas voulu nous abandonner à notre condition d’échue.

Pour nous envoyer un Sauveur il a choisi une femme pour être la Mère de son Fils.

Ce qui fait que la fête que nous célébrons aujourd’hui inaugure le temps du salut du genre humain.

2. La nativité de la Vièrge Marie a été possible car elle est une oeuvre de Dieu.

Sainte Anne, la mère de Marie, était stérile ; selon les lois naturelles elle n’aurait pas pu concevoir et mettre au monde un enfant.

Cela nous montre, d’abord, l’impossibilité de l’homme de se procurer son salut.

Mais le Seigneur démontre sa bienveillance en surpassant la faiblesse humaine car rien n’est impossible pour Dieu.

Il désire toujours nous élever au-dessus de notre condition limitée.

En faisant des miracles dans l’histoire du salut, le Seigneur nous révèle sa présence dans la vie de chacun de nous.

3. Un symbole biblique de la Mère de Dieu c’est le buisson ardent, qui est apparu à Moïse dans le désert. Il « était embrasé mais … ne se consumait pas » (Ex 3,2).

Dieu a une mission spéciale pour la nouvelle-née. Elle devra porter au monde le Sauveur, qui vient pour embraser le monde avec son amour.

Il nous donne ainsi l’exigence de la charité sans détruire l’homme et donc sa liberté.

Marie est l’exemple par excellence de la liberté des enfants de Dieu.

En disant « oui » à Dieu et acceptant d’être la Mère de Jésus, elle a renversé le « non » de Ève et nous indique ainsi le retour vers Dieu, notre salut éternel.

C’est pour cela que notre joie est beaucoup plus profonde que la réjouissance de la venue d’un petit enfant.

Réjouissons nous aussi en intériorisant cette bonne nouvelle de la bonté de Dieu, de la docilité de la Mère de Dieu et de la possibilité de surpasser notre condition de pécheur et de retrouver notre union avec Dieu.