Le rôle et la place des enfants dans l’Église : commentaires des prêtres

Quand nous commençons à réfléchir au rôle et à la place des enfants dans l’Église, les paroles très connues de Jésus nous viennent très vite à l’esprit. Il a dit: “Que les petits enfants viennent à moi, et ne les gênez pas, car le royaume des cieux appartient à tels que ceux-ci”.

Aujourd’hui, deux millénaires après que le Christ ait prononcé ces paroles, nous nous interrogeons encore sur le rôle que jouent les enfants dans l’Église et sur ce que Jésus voulait dire en les invitant à se joindre à lui.

Pour avoir une compréhension partielle du rôle des enfants dans la paroisse et dans l’Église en général, des prêtres de l’Éparchie de Paris et de l’Archéparchie de Philadelphie nous ont fait part de leurs réflexions.

Père Yuriy Leshchynsky
Chancelier de l’Éparchie Saint Volodymyr le Grand de Paris

« Laissez venir à moi les enfants »

Dans l’Église les enfants nous enseignent. Dieu dit dans le chapitre 18 de l’Évangile de Matthieu : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ». Les enfants nous rappellent qui nous étions et nous montrent qui nous sommes devenus. Ils sont encore naïfs, sincères et ouverts. Ils n’ont pas de préjugés, ils ne portent pas des masques. Les enfants sont comme ils sont. Malheureusement, quand nous devenons adultes, nous changeons et perdons certaines qualités que nous avions étant enfants. Pour cette raison Jésus a dit que nous ne pourrions pas hériter du royaume des Cieux.

En même temps, nous ne devons pas oublier qu’en tant qu’adultes, nous sommes aussi des enseignants pour nos enfants. Nous avons la responsabilité de leur montrer et transmettre le don de la foi, l’espoir et l’amour. Nous avons besoin de comprendre que les enfants sont le futur de l’Église universelle et en ceci leur rôle est décisif. La catéchèse des enfants, leur place dans l’église domestique et la paroisse, où ils viennent et rencontrent d’autres paroissiens et enfants, jouent un rôle principal dans cette présence. Nous devons comprendre que ce sont les enfants qui devront mener cette communauté et cette Église dans le futur.

Et encore un petit mot sur le bruit que les enfants peuvent causer. Dans l’église c’est naturel d’entendre leur bruit, leurs rires quand ils s’amusent. Parfois cela nous dérange. Mais d’un autre côté, cela nous apporte de la joie, donne la vie et provoque un sourire. On se rend compte, que l’Église est vivante et jeune. Et la présence des enfants, parfois bruyants montre qu’il y a un futur, que l’Église n’est pas uniquement une institution pour personnes âgées. Les enfants dans l’Église donne l’espoir que quoi qu’il arrive, l’Église sera renouvelée constamment et continuera à vivre.

Père Ivan Turyk
Administrateur de l’école de la Dormition de la Mère de Dieu à Perth Amboy, États-Unis

Dans le monde contemporain l’Église fonde de très hauts espoirs et attentes sur les jeunes, dont la participation dans la vie de l’Église est vitale, afin de partager la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Dans la Bible nous voyons, que le Seigneur a beaucoup utilisé les jeunes pour faire de grandes choses. Le Seigneur a appelé Timothée à mener l’Église des Éphésiens quand il était encore un adolescent.  Dans le premier livre de Timothée 4 :12-13 il est écrit : « Que personne n’ait lieu de te mépriser parce que tu es jeune ; au contraire, sois pour les croyants un modèle par ta parole et ta conduite, par ta charité, ta foi et ta pureté. En attendant que je vienne, applique-toi à lire l’Écriture aux fidèles, à les encourager et à les instruire »

Une jeune personne rencontre le Christ vivant dans les Sacrements de l’Église. Au fil du temps sa formation religieuse et spirituelle permettra d’apporter une contribution significative à la prospérité de l’Église – le Corps du Christ. Pourtant, malheureusement, aux États-Unis, les enfants parfois ne peuvent pas venir à l’Église car ils n’ont pas les « clés de la voiture ». Après le Baptême d’un enfant, sa Premier Confession et Sainte Communion, les parents ne considèrent plus, qu’il est nécessaire de venir à l’église avec leurs enfants. L’église organise des camps bibliques d’été pour les jeunes, la catéchèse, des écoles, ainsi que l’écoles du Samedi. Il y a aussi des organisations religieuses qui aide les jeunes hommes et femmes à grandir dans la foi et à prendre de bonnes décisions dans la vie.

C’est pour ça qu’une bonne famille chrétienne est l’école principale et la fondation de l’éducation des jeunes. L’école et les organisations de jeunes véhiculent des valeurs essentielles dans la formation de la vision du monde d’un enfant. Néanmoins ceci portera du fruit seulement si dans leur « église domestique » les parents montrent un exemple excellent à travers leur propre vie de prière, d’amour et de fidélité. Si dans une famille il n’y a pas d’accord, maman et papa ne se respectent pas, n’aiment pas leurs enfants, et la vie spirituelle de la famille se réduit à n’aller à l’église que lors des grandes fêtes, alors pour un enfant l’église n’est plus un lieu de rencontre avec le Christ vivant, mais devient plutôt un devoir onéreux ou, dans le meilleur cas, une place où on peut boire un café après la messe et « passer un bon moment » avec ses amis.

Nous devons comprendre que c’est n’est que lorsqu’il y aura symbiose entre l’exemple de vie des parents et la grâce de l’Église, qu’une telle coopération portera des fruits. Cela permettra aux jeunes de se sentir non pas « éternellement jeunes sans droit de vote » dans la communauté ecclésiale, mais fidèles avec leurs pensées et leurs voix parce que nous sommes tous enfants de Dieu. En tant qu’Église, nous frappons à la porte, invitons et rappelons aux parents les paroles du Christ : « Que les petits enfants viennent à moi, et ne les gênez pas, car le royaume des cieux appartient à ceux-là » (Matthieu 19 :14). Alors, chers parents, venez amener votre fierté et votre joie au temple de Dieu, confiez-nous, pasteurs et mères de l’église, votre trésor le plus précieux, vos enfants, et nous, avec l’aide de Dieu, essaierons de les aider à trouver le chemin vers le Seigneur.

Père Volodymyr Pendzey
Chef de la commission des jeunes de l’éparchie Saint Volodymyr le Grand de Paris

Je vais commencer par une petite histoire. Il y a deux mois, un couple de pigeons a construit un nid sur mon balcon. Puis je les ai observé pendant la croissance des poussins. La mère a effectué trois actions sur les poussins : elle a garanti leur sécurité, leur alimentation et leur formation.

« Tu trouves sous son aile un refuge : sa fidélité est une armure, un bouclier.»  Ps 91,4. La sécurité est l’un des besoins humains fondamentaux. Chacun a naturellement besoin et recherche la sécurité tout au long de sa vie. La pandémie de coronavirus nous a une fois de plus montré à quel point nous sommes fragiles. Le besoin de sécurité est encore plus important pour l’enfant. Ce que l’Église mère doit faire d’abord, c’est de s’assurer la sécurité des enfants.

Très souvent, on pense à la sécurité à travers les interdictions et les ordres : protéger de l’un, protéger de l’autre, renoncer à autre chose. L’Église est appelée à donner la sécurité aux enfants principalement en assurant leur foi. « Éduque un jeune à mesure de son développement : jamais il ne déviera, même l’âge venu » Prov. 22.6. La catéchèse, vraie et approfondie, est à la fois une éducation, une nourriture spirituelle et un moyen de garantir la sécurité. Nous ne serons peut-être pas toujours avec nos enfants, mais nous pouvons mettre dans leur cœur quelque chose qui les maintiendra en vie. Les Proverbes enseignent qu’en acceptant Dieu, l’enfant apprendra à distinguer le bien du mal, et les principes moraux énoncés en lui seront les outils par lesquels l’enfant sera guidé dans la vie, pour ne pas se perdre.

Le Deutéronome enseigne ce qui suit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé » Deut. 6.5-8. C’est un appel à une catéchèse, un enseignement et une éducation constants et renforcés des enfants. Telle est l’essence de la direction spirituelle – enseigner et lâcher prise.

Je marquerais la place de l’enfant dans l’église près de la chaire, comme un élève près du bureau de son professeur. Comme les leçons à l’école sont bien préparées et adaptées pour l’âge et les défis des élèves, l’Église doit veiller à ce que la prière et la catéchèse soient compréhensibles pour les enfants et répondent à leurs besoins. Le monde change, nous devons donc trouver des moyens de présenter les vérités éternelles d’une manière accessible à l’enfant du 21e siècle. Nous devons y investir le plus de ressources, y accorder le plus d’attention, car si nous vivons vraiment le présent et travaillons bien, nous avons un bel avenir. 

Parce que nous, dans l’Église, n’avons pas encore pleinement compris que les enfants et les jeunes sont l’avenir de l’Église !